Philippe-Leuba

Philippe Leuba
Chef du Département de l’économie et du sport

Licencié en droit de l’université de Genève, il était passionné par son choix d’études, mais la perspective de se vouer à une seule et unique profession ne lui était guère plaisante. Depuis ses premiers pas dans la vie active, Philippe Leuba a réussi à se réinventer magistralement.

Directeur de la chambre vaudoise immobilière, 2005 – 2007,
Secrétaire général de la Fédération romande immobilière, 2005 – 2007,
Directeur de la Gérance Robert Crot et Cie SA, 2000 – 2005,
Secrétaire général du parti libéral vaudois, 1991 – 2000,
Député de Lavaux au Grand Conseil dès 1998, réélu en 2002 et en 2007,
Président du groupe libéral du Grand Conseil, 2002 – 2007,
Vice-président de la commission des finances du Grand Conseil, 2000- 2002,
Conseiller communal à Chexbres, 2001-2007.

Son engagement lui a demandé d’intenses efforts mais ne l’a pas empêché d’extérioriser sa passion pour l’art et le sport dans lesquels il a excellé.

Auteur de « La Cohésion fédérale, le Chêne et le Roseau » aux Editions Libertas Suisse, 1993, Arbitre de football de 1983 à 2006, en ligue nationale dès 1993, international (FIFA) dès 1999. Philippe Leuba est un communicateur sachant mettre en exergue les valeurs d’excellence, de qualité et de responsabilité par l’harmonie.

Le sport et la politique sont reconnus comme des sacerdoces qui demandent une grande discipline ; quelle motivation vous a poussé à vous investir dans ces différents domaines unis par leur intensité ?

Je n’ai jamais fait un dessein de carrière. Très jeune, j’ai pratiqué le football comme passion, et d’ailleurs j’étais médiocre comme joueur, j’étais en 3e ligue, et je ne m’attendais pas à aller très loin. C’est tout d’un coup, grâce à l’arbitrage, que j’ai gravi les échelons jusqu’à ce que j’arrive à l’arbitrage international, et à la participation à d’importants événements sportifs, qui m’ont profondément marqué, comme d’arbitrer les matchs de Liverpool, Inter Milan, Real Madrid, etc. La politique, c’est un peu la même chose. Mon père en a beaucoup fait, et je me suis intéressé très jeune au service de la collectivité dans laquelle je vivais. Les choses se sont faites spontanément, je suis entré au conseil communal à Puidoux, ensuite au Grand Conseil, et maintenant au Conseil d’Etat. J’ai eu la chance de pouvoir à chaque fois transformer une passion en une activité extrêmement prenante. L’arbitrage et la politique nécessitent beaucoup de sacrifices, et ce sont des activités très lourdes pour la personne concernée mais aussi pour les proches ; mais ce sont aussi des activités qui vous apportent énormément. L’arbitrage est une fantastique école de vie qui exige que l’on se remette en question, que l’on accepte ses erreurs, que l’on supporte la critique, que l’on soit capable de surmonter les difficultés, et que l’on accepte d’être exposé au jugement public. La politique, c’est la même chose, chacun a son propre avis sur le politicien, et l’exprime librement, on aime ou on n’aime pas, donc ce sont des fonctions qui exigent d’avoir une certaine carapace, ou une certaine capacité à supporter la critique et l’exposition médiatique ou publique.

Estimez-vous que votre parcours global est synonyme de réussite, ou que l’une de vos passions a pris le dessus sur l’autre ?

Il est toujours difficile de juger sa propre réussite. Certains diront que j’ai eu la chance de pouvoir faire de l’arbitrage international, de pouvoir exercer les fonctions politiques qui sont les miennes, et puis d’autres diront que ce n’est pas un signe de réussite. L’important dans l’exercice d’une fonction quelconque, c’est d’avoir du plaisir dans cet activité. Personnellement, je considère que c’est une chance de pouvoir faire de sa passion sa profession, et moi j’ai eu cette grande chance. J’aime ce que je fais, même si cela me demande des sacrifices, me donne beaucoup de contraintes, et des difficultés quotidiennes à surmonter. Non, aucune passion n’a pris le dessus sur l’autre, j’ai arbitré pendant 22 ans, dont 7 ans sur le plan international ; parallèlement, j’ai fait beaucoup de politique. J’ai arrêté l’arbitrage parce que je n’arrivais plus à marier l’ensemble de mes activités, et que je n’aime pas faire les choses à moitié. À un moment donné, c’était ma décision de choisir, quand avec mon épouse nous souhaitâmes avoir un deuxième enfant. Il n’était plus possible pour moi de continuer l’arbitrage international, qui exigeait des déplacements très lourds à supporter pour la famille. J’ai eu la chance d’avoir mes enfants, et j’ai choisi d’assumer pleinement mon rôle de père. Je ne tenais pas à être un père tout le temps en voyage et à ne pas voir mes enfants grandir.

À ce jour, de quoi êtes-vous le plus fier dans votre évolution personnelle ?

Ce dont je suis le plus fier, ce sont mes enfants. Je me suis marié relativement tard à cause des activités notamment sportives que j’avais. Quand j’ai eu mes deux enfants, j’ai constaté que ça donnait une autre perception de la vie, que ça replaçait les choses fondamentales dans un ordre hiérarchique plus pertinent. Avant de devenir père, j’attachais beaucoup d’importance à des choses qui aujourd’hui me paraissent d’importance relative et secondaire. La paternité a replacé mes priorités dans le bon sens. À mes yeux, laisser une trace et pouvoir donner des perspectives à ses enfants, c’est très important.

Quels sont les axes stratégiques sur lesquels vous fondez aujourd’hui le développement de votre carrière ?

Je n’ai jamais fait de plan de carrière, et ça n’a rien d’une formule, c’est la réalité. L’arbitrage est tellement difficile que l’on ne peut pas planifier d’aller loin. Il suffit d’avoir de la malchance dans un ou deux matchs importants pour arrêter une carrière immédiatement, ce qui fait que les plans de carrière sont très aléatoires. Je n’ai à aucun moment de ma vie imaginé pouvoir arbitrer à l’international. Sur le plan politique, l’on est exposé à l’électeur, c’est lui qui nous choisit. Là aussi, les carrières, il n’y a rien de plus fragile, surtout dans le système suisse, où l’élection rend les plans de carrière tout aussi aléatoires. Il existe les circonstances, la chance, le travail. Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de plan de carrière, mais personnellement je ne fonctionne pas ainsi. Pour les quatre fonctions professionnelles que j’ai exercées, c’était à chaque fois une opportunité qui se présentait à moi et que je saisissais.

En dehors de ces belles distinctions, est-il un homme ou une femme dont la réussite vous fascine ?

Je n’ai pas beaucoup de modèles dans la vie, et c’est une leçon que l’arbitrage m’a apprise. Je vois des footballeurs adulés par les jeunes et les supporters ; parfois cette espèce de culte qui est voué à l’individu n’est pas justifié. Il arrive que le comportement de l’un ou l’autre des joueurs, ou des stars de façon générale, ne soit pas à la hauteur de l’admiration qu’il suscite. Personnellement, je n’ai pas de modèle absolu, et je pense que chaque homme a une part d’ombre. Même s’il existe des personnes plus admirables que d’autres, je ne connais pas d’individu qui mérite vraiment d’être adulé ou qui me fascine à ce point. Que ce soit dans le show-biz ou dans le sport, quand on voit ces gens de près, comme j’ai pu le faire dans le cadre de mes fonctions arbitrales, l’on doit relativiser le caractère exemplaire de l’individu. Il ne s’agit pas de mépriser les gens, il s’agit de ne jamais oublier que l’homme reste profondément humain, avec parfois des qualités ou des traits de génie, mais aussi parfois avec des limites, et c’est ce qui devrait amener chacun à relativiser un peu le caractère admirable de l’individu. Si je devais absolument sortir un nom, je dirais Winston Churchill, parce que je crois que c’est quelqu’un à qui l’homme doit aujourd’hui beaucoup. C’est quelqu’un qui mérite le respect. S’il n’avait pas été là en 1940, le monde ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Cet homme qui a connu une traversée du désert pendant une dizaine d’années sans changer, est resté fidèle à ses convictions face à l’impopularité. C’est difficile à mon sens d’être connu et de supporter l’impopularité. Certains finissent par transiger sur un certain nombre de principes pour regagner en popularité. Churchill ne l’a pas fait, et c’est une leçon qui suscite le respect.

Photo : Enzo Capaccio

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